Méningite bactérienne

Sommaire

La méningite est une inflammation de l’enveloppe du système nerveux central. Quand la méningite est due à une infection par une bactérie, on parle de méningite bactérienne. Quels sont les symptômes d’une méningite ? Quels sont les traitements d’une méningite bactérienne ? Quels sont les risques de contagion ? Quelles peuvent être les autres types de méningites ? Peut-il y avoir des séquelles après une méningite ? On répond à toutes ces questions dans notre article !

Méningite bactérienne : caractéristiques

Une méningite est une inflammation de la membrane qui entoure le système nerveux central, c’est-à-dire l’encéphale (ce que contient la tête dont le cerveau, le cervelet et le tronc cérébral) et la moelle épinière (aussi appelée moelle spinale).

Une méningite peut être :

  • virale (due à une infection par un virus) ;
  • bactérienne (due à une infection par une la bactérie N. meningitidisde sérogroupe A, B, C, W ou Y ) ;
  • ou parfois due à la prise d’un médicament.

Les méningites virales sont les plus fréquentes et considérées comme bénignes. Les méningites bactériennes, plus rares, sont plus dangereuses et doivent être prises en charge en urgence en raison de l’importance des organes touchés et même du risque de décès parfois.

Avec le méningocoque B, la mortalité reste élevée (comprise entre 10 et 12 %) et environ 25 % des sujets atteints pourraient souffrir de séquelles importantes. Néanmoins, la maladie reste rare : taux de déclaration (en 2022) de 0,48/100 000 habitants sur l’ensemble des tranches d’âge.

Bon à savoir : les enfants et les nourrissons sont les plus exposés. 90 % des méningites bactériennes surviennent avant l’âge de 5 ans, dont un grand nombre avant l'âge de 1 an (6,32/100 000 habitants soir un risque 13 fois plus élevé que la moyenne). Chez les nourrissons, en 2022, on a retrouvé une part importante d'infections invasives à méningocoque de sérogroupes B et W.

Signes d’une méningite bactérienne

Chez l’adulte, les symptômes d’une méningite peuvent être :

  • des maux de tête (céphalées) ;
  • une raideur de la nuque ;
  • une forte fièvre ;
  • un état de confusion ;
  • des vomissements ;
  • une intolérance à la lumière (photophobie) ;
  • une intolérance au bruit (phonophobie).

Chez l’enfant, les symptômes peuvent être moins marqués et être décrits comme une somnolence ou une irritabilité. Avant l’âge de six mois, un bombement de la fontanelle peut être observé.

Dans le cas d’une méningite à méningocoque (méningite bactérienne), une éruption cutanée caractéristique par son aspect et par le choc septique qui l'accompagne peut être rapportée : le purpura fulminans. Il s’agit alors de petites taches de couleur pourpre qui ne disparaissent pas sous la pression (pétéchies). D’autres formes cliniques peuvent également survenir (arthrite, péricardite septique…).

Diagnostic et traitement d’une méningite bactérienne

Diagnostic

Pour identifier la cause d’une méningite, il faut analyser le liquide cérébrospinal qui est le liquide qui se trouve dans les méninges. Pour réaliser un prélèvement de liquide cérébrospinal, on procède à une ponction lombaire. Une ponction lombaire consiste à recueillir à l’aide d’une aiguille du liquide cérébrospinal au niveau de la colonne vertébrale.

Traitements

Une méningite bactérienne est traitée à l’aide d’antibiotiques. Pour limiter l’inflammation, des corticoïdes peuvent venir compléter le traitement.

L’antibioprophylaxie est le moyen le plus efficace de prévenir les cas secondaires.

Vaccin

Les vaccins contre le méningocoque, administrés généralement en même temps que le vaccin ROR, peuvent protéger contre certaines formes de méningite.

Il y a à présent deux vaccins contre les infections invasives à méningocoque (IIM) du groupe B qui disposent d'une AMM européenne :

  • Bexsero® qui est efficace chez les adolescents, les nourrissons et les enfants (2 mois à 10 ans) si une dose de rappel est employée. Toutefois, il reste relativement inefficace contre certaines souches pourtant fréquentes (notamment NZ98/254).
  • Trumenba® est indiqué pour les sujets à partir de l'âge de 10 ans. 

Bon à savoir : la HAS recommande la vaccination conte le méningocoque B en cas de foyer d’infections ou hyper-endémie en préconisant de vacciner l’ensemble des nourrissons dès l'âge de 2 mois et avant l'âge de 2 ans (Bexsero® est désormais remboursé dans cette indication).

La vaccination contre les IIM C avec un vaccin conjugué est obligatoire pour tous les nourrissons à l’âge de 5 mois, suivie d’une dose de rappel à 12 mois.

Le vaccin méningococcique tétravalent conjugué A, C, Y, W est recommandé aux personnes se rendant dans une zone d’endémie (Afrique subsaharienne) pour y exercer une activité dans le secteur de la santé ou auprès des réfugiés.

À noter : face au risque d’IIM W pour les personnes se rendant en pèlerinage à La Mecque (Hadj ou Umra), le vaccin tétravalent ACWY (datant de plus de 10 jours et de moins de 3 ans) est obligatoire pour obtenir un visa.

Transmission d'une méningite bactérienne

Une méningite peut s’attraper par contact direct ou par inhalation de particules infectées (le méningocoque est une bactérie commensale du rhinopharynx) transmises par la toux par exemple.

Une méningite infectieuse est cependant considérée comme moins contagieuse qu’un rhume ou que la grippe puisque la transmission se fait par voie respiratoire lors d’un contact étroit et prolongé.

Une infection invasive à méningocoque peut survenir dans les 10 premiers jours du portage.

Méningite bactérienne : les séquelles éventuelles

Parce qu’elle touche le système nerveux central et lorsqu’elle n’est pas prise en charge rapidement, une méningite peut causer des séquelles telles que :

Parmi les 323 cas notifiés en 2022, ont été rapportés :

  • 77 cas de purpura fulminans (24 %) ;
  • 36 décès (11 %) ;
  • 22 cas de séquelles précoces parmi les cas non décédés (6,8 %).

Ces pros peuvent vous aider